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5 conseils pour réussir vos photos culinaires

Oui, 5 conseils pour réussir vos photos culinaires ! Pas un de plus !

Mais tout d’abord, laissez-moi me présenter à vous si nous ne nous connaissons pas déjà !

Je suis Vanessa Romano, photographe et styliste culinaire depuis plus de 15 ans mais aussi auteur et formatrice.

J’habite dans le Sud de la France, à Fréjus et la plupart du temps, c’est là que je travaille puisque grâce à Internet il est possible d’avoir des clients aux 4 coins de la France (voire du Monde) et de travailler depuis chez soi  (et en plus, c’est bon pour la planète…moins de déplacements, moins de pollution (bon, sauf la pollution générée par les mails et tout ça bien sûr…)).

 

Au sommaire de ce post un peu particulier, nous verrons :

Comment devient-on photographe culinaire ?

1- Le matériel : Quel matériel faut-il pour faire de la photographie culinaire ?

2 – La Lumière : Quelle lumière pour des photographies culinaires réussies ?

3 – Les réglages de la photographie culinaire : Quels réglages dois-je utiliser pour faire mes photographies culinaires ?

4- Angle de prise de vue : Quel angle de prise de vue pour les photographies culinaires ?

5 – La prise de vue : Comment s’organise la prise de vue concrètement ?

 

photo culinaire d'une coupe abricot yaourt

 

 

 Comment devient-on photographe culinaire ?

 

Je suis autodidacte en photographie culinaire, comme beaucoup de photographes en fait. Peu ont fait des écoles de photos.

J’ai commencé à faire des photos quand j’étais enfant, puis, je me suis offert un appareil photo argentique et des livres de formation photo, j’ai lu, j’ai pratiqué, j’ai testé… et j’ai adoré ce que je faisais !

A contrario, je ne suis pas autodidacte en cuisine puisque j’ai fait un BTS de gestion hôtelière à l’E.H.A. durant lequel, on a étudié cuisine et pâtisserie pendant un trimestre, puis, fait un stage de deux mois dans un restaurant. C’est peu mais c’est suffisant pour mon métier.

Mais l’essentiel n’est pas là, il faut continuer à se former et à apprendre, à se tenir au jus des nouvelles techniques et évolutions, des logiciels, des modes, …

C’est ce que je fais tous les ans, voire plusieurs fois par an si nécessaire pour les formations. Quant à la veille nécessaire à mon métier pour se tenir au courant des tendances, montrer son travail, … c’est un peu tous les jours.

Quand les blogs ont vu le jour, j’ai lancé le mien, celui que je tiens depuis 14 ans ! Je l’ai lancé pour partager les recettes que je testais tous les jours. En effet, j’avais arrêté de travailler pour m’occuper de ma fille Ysé et comme je m’ennuyais un peu, j’avais décidé de rendre le quotidien plus chouette en essayant une recette différente tous les jours, puis, je les envoyais par mail à ma famille et à mes copines. Autant vous dire que l’outil « blog » a été une formidable avancée.

Donc, pour illustrer ces recettes que je mettais désormais sur le blog (les premières recettes n’ont pas de photo), j’ai acheté un appareil numérique… ce n’était pas fantastique du tout à cette époque et bien que pratique pour partager les clichés sur le net, la qualité était tout à fait déplorable.

J’ai continué à changer d’appareil photo au fur et à mesure des évolutions technologiques et j’ai également continué à évoluer en technique photo et en stylisme culinaire … et heureusement (allez jeter un oeil aux premières photos, c’est à pleurer… de rire ! ).

 

photographie culinaire d'un blanc cassis

 

 

Bref, une amie, Marie-Laure m’a mis le pied à l’étrier en me proposant de m’installer comme photographe culinaire et de travailler pour elle (Merci Marie-Laure !), puis, des propositions de livres de recettes de cuisine m’ont été faites, puis des propositions de travail pour de l’agro-alimentaire, des sites internet, la presse, d’autres livres, ….

 

Voilà, dans les grandes lignes, une partie de mon parcours en photographie culinaire !

 

De façon plus générale, il n’existe pas d’école spécialisée en photographie culinaire, mais il existe des formations relativement courtes de photographie et stylisme culinaires.

L’idéal est d’avoir déjà de bonnes notions en photo pour pouvoir se sentir à l’aise dans ce genre de formations et de profiter pleinement de l’enseignement. Sinon, je conseille d’aller plutôt vers une formation particulière où le formateur sera totalement à l’écoute de vos besoins.

Certains photographes culinaires ont à la base une formation de photographe plus ou moins solide (ça dépend des écoles, puis de tout un chacun) et ils se spécialisent ensuite dans ce type de photo avec plus ou moins de succès.

Car la photographie culinaire est une véritable spécialité avec des règles assez précises à respecter et une technique spécifique où il faut allier rapidité d’exécution -car certains plats n’attendent pas ou vieillissent mal- et précision dans les gestes et les réglages de son matériel.  On voit d’ailleurs certains photographes s’essayer à faire de la photographie culinaire avec assez peu de résultats.

Et je ne parle là que de photographie culinaire et pas de stylisme culinaire qui est essentiel à une photo culinaire réussie (et dont je vous parlerai dans un prochain post) !

 

photo culinaire d'une salade thon frais avocat tomate

 

1- Le matériel

Quel matériel faut-il pour faire de la photographie culinaire ?

 

Je ne serai pas une de celles qui vous disent que n’importe quel téléphone ou appareil photo de base convient. Non, désolée, c’est un leurre et bien que la qualité de certains téléphones soit bluffante, les photos culinaires sont souvent décevantes prises avec (et les filtres « culinaires », « food » ou « nourriture » sont affligeants).

 

  • Un boîtier réflex : 

Je crois qu’il faut avoir un bon boîtier reflex. Il n’est pas nécessaire d’investir dans le plus cher, ni le plus rapide (pour le coup, ça ne compte pas du tout, puisque les photos sont la plupart du temps statiques et que même si, en reportage, vous photographiez des serveurs ou des cuisiniers, ils n’iront jamais plus vite qu’une voiture de course !).

Donc, un boîtier reflex, avec le capteur un plein format (24x36mm), c’est mieux. Car le capteur, c’est l’endroit où s’enregistre l’image que vous prenez et donc, plus il est grand, plus la qualité est bonne, plus il est capable de capter la lumière, plus sa résolution est bonne.

A contrario, la course aux pixels, au-delà d’un certain nombre de pixels, est un peu vaine : pour un nombre équivalent de pixels, il vaut mieux un grand capteur plutôt qu’un petit dans lequel ces 12M de pixels seront forcément plus petits aussi.

Les pixels sont des zones électroniques qui enregistrent la lumière sous forme de « points » de couleurs sur le capteur de l’appareil photo. Si vous avez 12M de pixels sur votre capteur plein format, ils seront plus grands que 12M sur un capteur APS-C (23x15mm environ) ou 4:3 (17x13mm environ) et donc, la résolution de l’image obtenue sera meilleure, les détails seront plus nombreux.

 

 

J’ai donc un boîtier plein format, un Nikon D800E (sans filtre passe-bas ce qui permet de réduire le « moiré » qu’on peut observer sur certaines surfaces : tissus, eau,…. ).

C’est un boîtier qui a quelques années maintenant mais qui est toujours très actuel. Je l’ai acheté chez Phox à Saint Raphaël. C’était un de leur boîtier qu’ils avaient révisé et qu’ils garantissaient 1 an, une très bonne occasion. J’achète souvent chez eux. J’y suis en confiance et je sais que si un jour j’ai un problème, je pourrai compter sur leur aide, c’est super important.

 

Quant à la guéguerre Nikon/Canon, je ne vais rien vous en dire. Je pense que les deux marques concurrentes proposent d’excellents boîtiers et objectifs. Mais une fois qu’on a commencé à se « monter » dans une marque, il est rare que l’on en change car cela coûte beaucoup d’argent !

 

 

  • Objectifs : 

Ensuite, il vous faut un ou des objectifs. Pour ma part, j’en ai toute une collection, et j’ai commencé à me défaire de certains qui ne faisaient que prendre la poussière dans mon sac photo et dont je ne me servais jamais.

Je parle pour la marque Nikon, et pas pour Canon qui a quelques petites différences dans les focales des objectifs.

J’ai un 105 mm macro et un 60 mm macro dont je me sers tout le temps.

Le 60mm macro permet de prendre des scènes plus larges sans avoir à monter sur un escabeau ou une échelle, le 105mm macro pour prendre des scènes plus rapprochées, de plus « rentrer » dans le plat : close up en anglais.

 

Pourquoi des objectifs macro pour la photographie culinaire ?

D’une part, parce que leur distance minimale de mise au point est très petite (6cm) alors que pour un 85mm Nikon, elle est de 80cm (ce qui est énorme en culinaire et donc, presque impraticable). On peut donc s’approcher d’une olive à 6cm pour la prendre en photo et elle sera nette et bien mise en valeur. Elle sera reproduite à sa grandeur réelle.

Et d’autre part, parce que ces téléobjectifs rapprochent les plans. Ce qui donne des images plus serrées sur elles-mêmes, avec des éléments qui semblent plus rapprochés les uns des autres. En photographie culinaire, le vide, l’espace entre les aliments ou les objets semble toujours plus grand que la réalité et cela ne donne pas des scènes très gourmandes, c’est la raison pour laquelle, ces téléobjectifs sont à privilégier.

 

Par ailleurs, pour le reportage, j’ai également un 24-70mm de chez Sigma Série Art dont je trouve le piqué excellent (j’avais le 24-70 de chez Nikon mais je l’ai revendu) avec un rendu de couleurs très juste.

Le 24-70mm permet de prendre des photos en plan très large avec la focale 24mm (on voit aisément une cuisine ou une chambre, un spa, un hall d’hôtel en entier) et de serrer si on doit prendre des portraits de chefs par exemple (avec la focale 70mm).

 

J’ai un 50 mm de chez Nikon qui ouvre à 1.4 . C’est en fait un objectif dit « très lumineux » qui permet de pouvoir prendre des photos dans des conditions très sombres sans pour autant trop augmenter les ISO, ni utiliser de trépied. C’est un avantage indéniable en reportage en cuisine afin de ne pas gêner les cuisiniers par un matériel trop imposant.

Il permet en outre de pouvoir « ouvrir » à 1.4 (même si on utilise rarement cette ouverture en culinaire) et donne un très joli flou autour du personnage ou de la nourriture.

Un 16-28mm de chez Tokina complète la gamme afin d’avoir un grand angle ce qui m’est utile quand je dois photographier une pièce large mais peu profonde, un paysage ou une vue superbe d’un restaurant ou d’un hôtel.

 

Je crois bien que, mis à part le 105mm macro et peut-être le 50mm, je les ai tous achetés d’occasion chez Phox à Saint Raphaël.

 

 

Pour conclure, je conseille le 60mm macro pour sa polyvalence et son prix aussi. En conseillant cet objectif, j’ai également en tête la mode actuelle en stylisme culinaire qui consiste à créer des scènes larges incluant un grand nombre d’assiettes, bols, verres, …vases de fleurs et autres ingrédients. Cet objectif le permet. Avec le 105mm, il vous faudra vous éloigner énormément de la scène (voire de monter sur un escabeau assez haut).

 

photographie culinaire d'un gâteau au chocolat du pâtissier Calderon

 

  • Trépied : 

Au-delà des objectifs, un trépied est nécessaire. Vraiment nécessaire !

Il va vous permettre de prendre des photos quand il y a peu de lumière sans avoir à monter les ISO trop haut (et éviter le fameux bruit) grâce à un temps de pose plus long (vitesse), tout en conservant l’ouverture que vous avez décidé de choisir (qui donnera plus ou moins de flou avant et après le point de netteté).

Il va vous permettre de choisir un cadrage et un angle de prise de vue et de le conserver tout au long du shooting, c’est à dire chaque fois que vous devrez ajouter, retirer ou déplacer un élément de votre scène ! En effet, essayez de prendre une photo à main levée, et de retrouver le même angle et le même cadrage… Good luck !

Et donc, ça va vous faire gagner un temps précieux ! Et de l’argent aussi car en prenant moins de photos d’une même scène également, et donc d’avoir un boîtier avec moins de déclenchements, vous pourrez le revendre plus cher si vous décidez d’en changer !

 

Je vous conseille un trépied solide qui ne bouge pas au moindre faux pas et qui ne bascule pas sous le poids de votre objectif.

 

J’ai ce trépied Manfrotto 055XPROB et la tête Manfrotto 808RC4. Je l’ai choisi essentiellement car il peut monter à 2 mètres et cela permet de photographier des scènes plus larges comme des tablées en vue du dessus.

Le poids ne compte pas pour moi car je ne marche pas avec mon trépied sur le dos comme des photographes paysages ou animaliers.

Je vais sans doute en acheter un deuxième qui puisse monter encore plus haut, toujours dans le but de photographier des tablées. Et également afin de pouvoir dresser deux scènes de stylisme culinaire en même temps et n’avoir à déplacer que le boîtier. Je m’explique : vous dressez une première scène de stylisme culinaire avec le plat, vous faites quelques clichés que vous envoyez à votre client pour validation. La validation se doit d’être faite très rapidement mais il arrive que cela prenne plus de temps. Pendant ce temps, vous n’êtes pas bloqués, vous pouvez continuer à travailler sur la deuxième scène de stylisme puisque vous n’aurez que le boîtier à déplacer d’un trépied à l’autre, sans modifier la distance, l’angle de prise de vue, ….  (Merci encore Marie-Laure pour ce conseil !).

 

 

  • Télécommande : 

La télécommande est primordiale aussi. La mienne est filaire (j’en avais acheté une radio, mais je l’ai égarée…). Cela permet de ne pas faire bouger l’appareil en déclenchant surtout lors de poses longues.

Cela vous permet aussi de tenir un réflecteur supplémentaire dans l’autre main, voire d’inclure votre main sur la photo. Ce que vous ne pourriez pas faire en étant derrière le boitier pour déclencher. Bien sûr, plus le fil est long ou si le déclencheur est « radio », c’est mieux.

Vous pouvez également utiliser le retardateur de votre appareil photo. Pour ma part, je n’ai pas cette habitude.

 

  • Réflecteurs : 

Ensuite, il est nécessaire d’avoir un ou plusieurs réflecteurs. J’en ai plusieurs, de différentes tailles, mais ceux dont je me sers le plus sont des réflecteurs en polystyrène d’un côté et en aluminium de l’autre, faits au départ pour isoler les maisons. Ces plaques sont toutes fines et toutes légères, ce qui est super appréciable quand on doit les tenir à bout de bras (oui, je n’ai pas acheté de pieds pour tenir les réflecteurs… je n’en vois pas trop l’utilité étant donné que je ne travaille pas au flash en studio).

Le réflecteur, quel qu’il soit, permet de réfléchir la lumière et donc de déboucher les ombres (les adoucir) et d’apporter de la lumière sur le devant de la scène ou du plat. Voire d’apporter juste un point lumineux à un endroit précis en utilisant un miroir ou un petite plaque métallisée.

 

 

  • Diffuseur : 

Et last, but not least, j’utilise un diffuseur. Le diffuseur, comme son nom l’indique, permet de diffuser la lumière. En fait, il agit comme un nuage devant le soleil, il rend les ombres portées moins noires (car il diffuse (ou « retire de ») la lumière. L’ombre crée par l’objet est donc plus douce.  Il permet de faire des photos en tamisant une lumière trop vive qui pourrait ne pas être esthétique.

Plus il est grand, mieux c’est !

Il existe des diffuseurs plus ou moins opaques qui retirent plus ou moins de lumière, cela se mesure en « stop ». Le diffuseur est dit 1 stop ou 2 stops,…. Celui que j’ai est 1 stop.

Les diffuseurs spécial photo ne modifient pas les couleurs à la différence de certains calques ou voilages qu’on pourrait utiliser pour les remplacer.

Le diffuseur se pose donc entre la source de lumière (fenêtre, leds, …) et la scène de stylisme culinaire ou le plat à photographier.

 

photographie culinaire d'une pizza alla salsa modenese

 

2 – La Lumière

Quelle lumière pour des photographies culinaires réussies ?

 

Il y a une seule question à se poser quand on photographie un plat de cuisine : Où est votre soleil ?

C’est ce précieux conseil donné sous forme de question que Marie-Laure m’avait confié il y a déjà longtemps et je ne l’ai jamais oublié !

Où est le soleil donc ? Et surtout bien se souvenir qu’il n’y a qu’un seul soleil !

 

Car en effet, une photo, qu’elle soit culinaire ou pas, ne doit présenter qu’une seule direction pour les ombres car il y a un seul soleil. Si votre photo présente des ombres dans deux ou trois directions, cela perturbera la lecture de la photo car le cerveau est troublé par le fait qu ‘il y ait plusieurs directions d’ombres, ce qui signifierait qu’il y ait plusieurs soleils ! Ce qui est impossible sur la Terre et dans notre système solaire ! Basique mais primordial !

 

Qu’est-ce que cela veut dire en pratique ? Cela veut dire que vous ne devez avoir qu’une seule source de lumière ou plutôt une lumière principale (que ce soit le soleil, des leds ou un flash). La lumière principale sera la plus puissante, c’est elle qui dessinera les ombres.

A l’aide des réflecteurs, vous apporterez une ou des lumières secondaires pour atténuer les ombres, mais jamais pour dépasser la puissance de la lumière principale.

 

Ensuite, il faut se souvenir d’une deuxième règle très importante en photographie culinaire, c’est que la lumière (ou votre soleil quel qu’il soit) éclaire la scène ou le plat soit par l’arrière, soit plus ou moins à 45° sur les côtés. Jamais au grand jamais par l’avant !

Eclairer une scène de stylisme culinaire par l’avant écrase totalement le plat. Au contraire, éclairer par l’arrière ou à 45° sur les côtés, permet de recréer des volumes, des clairs obscurs, de voir les nervures d’un feuillage, ….

Faites l’expérience tout simplement en observant le feuillage d’un arbre : placez-vous face à l’arbre avec le soleil dans votre dos (et donc le soleil éclaire l’arbre de face) et regardez le feuillage, puis, changez de place et mettez-vous à l’opposé diamétralement avec le soleil face à vous (et derrière l’arbre) et observez le feuillage. Vous allez voir apparaître tout un tas de nuances de vert qui n’existaient pas dans le premier cas de figure, les nervures des feuilles vont se dessiner, …bref, ce sera nettement plus beau.

 

Eh bien, on éclaire une scène de stylisme culinaire ou un plat de la même façon ! Que ce soit avec de la lumière naturelle, des leds ou des flashs.

 

Généralement, on a tendance à dire que la photographie culinaire se fait essentiellement avec de la lumière naturelle… bien sûr, c’est joli, souvent doux, un rendu plus naturel, …. mais ne vous y trompez pas, les photographes qui maîtrisent les lumières artificielles (flash, leds ou halogènes) arrivent, par leur maîtrise de cette technique, à recréer parfaitement une lumière qui semble être naturelle. Quand c’est bien fait, on s’y casse le nez !

 

Et comme m’écrivait l’autre jour, un talentueux photographe culinaire :

« Au moins, on n’a pas à attendre toute la journée pour avoir la bonne lumière, on la crée et on shoote ! ».

Bien sûr !

 

La plupart des photographes culinaires préfèrent la lumière naturelle parce qu’elle ne nécessite pas d’acheter un matériel qui, si l’on veut qu’il soit performant, sera assez cher et parce qu’elle dispense également de se former en photographie de studio où on apprend à utiliser et régler les flashs qui vont éclairer parfaitement la scène (et c’est une gymnastique du cerveau particulièrement éprouvante quand on n’a pas l’habitude de travailler avec, croyez-moi sur parole ! Pour avoir eu la chance de suivre plusieurs formations de studio avec Denis Caviglia, on sort de là éreinté, comme quand on apprend à jouer de la musique, le cerveau travaille à fond ! Merci pour la relecture ! )

 

Comme matériel de lumière artificielle, j’ai deux éclairages leds avec des boîtes à lumière. Je suis plus à l’aise avec la lumière continue qu’avec les flashs car je les utilise peu. J’ai choisi des leds et non pas des halogènes car les leds ne chauffent pas (et consomment très peu d’électricité), ce qui est très appréciable en photographie culinaire puisque les aliments sont moins vite dénaturés.

Je peux régler leur puissance mais pas leur température de couleur, cela ne me semble pas nécessaire pour ma pratique.

 

Donc, pour revenir à la lumière naturelle :  le matin et le soir, vous aurez plus de facilité à photographier. La température de couleur de la lumière, qui se mesure en Kelvin, change tout au long de la journée. Vous devrez peut-être la corriger en post-production ou pas suivant le sujet de la photo.

Si vous devez néanmoins faire votre shooting vers 12h, le diffuseur vous sera d’une grande aide car il va tamiser votre « soleil ».

 

L’idéal est de photographier dans une pièce disposant d’une large fenêtre et donnant au Nord, car c’est là où la lumière (et la température de couleur de la lumière) est la plus stable. Et, comme me l’expliquait Denis Caviglia, c’est une technique ancienne employée par les peintres afin de pouvoir réaliser des portraits, puis les premiers photographes ont repris cette façon de faire.

Et pensez également à la manière dont la couleur des murs, du sol, des meubles ou de vos vêtements peuvent se refléter dans la scène de stylisme culinaire. C’est loin d’être négligeable !

 

photographie culinaire de pâtes à la spiruline et légumes de printemps

 

3 – Les réglages de la photographie culinaire

Quels réglages dois-je utiliser pour faire mes photographies culinaires ?

 

  • Balance des blancs : 

Je vous donne déjà le réglage que je n’utilise pas : la balance des blancs !

En effet, elle est très bien réglée sur Nikon, je sélectionne Balance des blancs chauds et je rectifie en post-production !

Les seules fois où je la modifie, c’est quand j’utilise les lumières fixes leds et donc, je règle la température de couleur de la lumière de la balance des blancs sur celle des leds. Et si jamais j’oublie, je le modifie en post-production également.

Cela dit, il y a des appareils photos où la balance des blancs n’est pas aussi bien réglée que sur mon Nikon. Par ailleurs, cette balance des blancs peut se modifier tout au long du shooting (à cause de la chaleur) ou être moins efficace au fur et à mesure que le capteur vieillit. Il est donc souvent nécessaire de réaliser une photo en utilisant une charte des gris afin d’avoir un calage pointu.

 

En photographie, on utilise 3 réglages principalement pour bien exposer une photo :

Les ISO

La vitesse

L’ouverture

 

  • Les ISO :

Les ISO déterminent la sensibilité du capteur.

C’est à dire que vous règlerez votre appareil à 100 ISO pour une belle journée ensoleillée (cliché en extérieur), par contre, le matin tôt ou l’ombre, vous irez jusqu’à 400 ISO afin que le capteur soit plus sensible à la lumière et que vous puissiez conserver une vitesse rapide (et ainsi éviter les flous de bougé si vous travaillez à la main).

Sur le principe donc, on essaye de conserver les ISO à 100 afin de pas créer de bruit sur la photo… c’est moins vrai aujourd’hui car les appareils photos sont très performants et ne produisent pas ou peu de bruit même avec une haute sensibilité.

 

  • La Vitesse : 

La vitesse, c’est le temps que l’obturateur reste ouvert pour prendre la photo. Et on comprend aisément que plus la vitesse est lente, plus l’obturateur reste ouvert longtemps et plus la lumière entre dans le boîtier pour « imprimer » la pellicule ou le capteur.

Si on a un beau soleil, la vitesse choisie sera donc très courte, très rapide car il y a tellement de lumière autour de l’appareil photo qu’il faut très peu de temps pour « imprimer » le capteur et prendre la photo.

A contrario, la nuit, il vous faudra un temps de pose de quelques secondes pour que le capteur arrive à saisir le peu de lumière alentours et créer la photo.

Une photo surexposée est blanche : trop de lumière est entrée dans le capteur, vitesse choisie trop lente. Une photo sous-exposée est noire : pas assez de lumière est entrée dans le capteur, vitesse choisie trop rapide.

 

La vitesse et les ISO dépendent du boîtier.

 

  • L’ouverture et la profondeur de champ : 

L’ouverture du diaphragme permet de régler la quantité de lumière que l’objectif laisse passer lorsque vous déclenchez.

Cela fonctionne comme la pupille de votre oeil. Pour faire entrer beaucoup de lumière la nuit par exemple, votre pupille s’ouvre en grand. A contrario, lorsque le soleil est éblouissant, la pupille se rapetisse pour ne laisser entrer qu’un minimum de lumière.

C’est pareil avec l’ouverture du diaphragme d’un objectif.

Les valeurs du diaphragme s’écrivent en f/1.2 ; f/1.8 ; …..f/8 ; …. jusqu’à f/32 la plupart du temps.

Les ouvertures f/1.2 jusqu’à f/8 sont de grandes ouvertures. f/1.2 est la plus grande (il existe des objectifs dont l’ouverture maximale est en-dessous de f/1…c’est excessivement rare et c’est très cher !).

Le 50mm dont je vous parlais plus haut qui ouvre jusqu’à f/1.4 est donc un objectif très lumineux qui permet de faire entrer beaucoup de lumière jusqu’au capteur lorsque la lumière est très faible.

 

Par ailleurs, l’ouverture du diaphragme d’un objectif détermine la zone de netteté (ou profondeur de champ). Et donc, comme pour tout en photo où tout est inversé, une grande ouverture comme f/1.4 donne une petite profondeur de champ ou une zone de netteté très réduite.

En clair, si je photographie un gâteau décoré avec des framboises avec une ouverture à f/1.4, j’aurais une zone de netteté ou profondeur de champ très réduite et donc, seul un petit endroit de la framboise sera net…. le reste de la photo sera flou.

Vous comprenez donc qu’on n’a pas forcément intérêt à utiliser de grandes ouvertures lorsque la lumière est correcte car on perd vite en « lisibilité » de la photo. Imaginez un beau gâteau à étage recouvert de framboises dont vous ne verriez net qu’un seul bout d’une seule framboise… vous ne seriez pas confortable avec cette photo et votre client encore moins !

Il faut donc jouer avec cette zone de netteté ou profondeur de champ pour qu’elle soit adéquate avec le plat que vous photographiez et que vous réussissiez tout de même à conserver un joli flou à l’avant et à l’arrière.

 

Il y a bien sûr des modes.

Dans les années 80, les photos culinaires étaient très orangées et la zone de netteté était très grande, donc, les photographes devaient utiliser leurs objectifs à f/22 voire plus.

Désormais, la profondeur de champ (zone de netteté) est plutôt réduite...parfois trop à mon avis, il ne faut pas oublier que la personne qui regarde la photo doit pouvoir la « lire » de façon confortable. J’ai récemment vu des photos culinaires totalement floues dans des magazines …. c’est très inconfortable à regarder.

 

Pour résumer, il vous faudra jouer avec ces trois éléments : ISO, Vitesse et Ouverture pour pouvoir exposer correctement votre photo et trouver une profondeur de champ qui convienne pour le plat ou la scène que vous photographiez.

 

Et un dernier conseil, puisque vous travaillez avec un trépied, ne modifiez qu’une valeur à la fois. Ne changez pas tout à la fois les ISO, la vitesse et l’ouverture.

Si la photo est trop sombre et que les ISO sont à 100, vous pouvez les monter jusqu’à 320 ou 400 pour voir déjà ce que cela change. Ensuite, si vous avez décidé que, pour que le gâteau soit net sur la première moitié, vous devez être à f/11 (cela dépend bien évidemment aussi de la distance entre le capteur de l’appareil photo et la scène culinaire), modifiez la vitesse.

… Ainsi de suite jusqu’à ce que vous trouviez un réglage qui convienne.

 

photographie culinaire de deux chia pudding à la mangue

 

 

4- Angle de prise de vue

Quel angle de prise de vue pour les photographies culinaires ?

 

Vous avez le choix des armes bien sûr !

Vous pouvez vous positionner de face, à 45° ou à 90° (vue par-dessus), … et à toutes les variantes d’angle que vous pouvez trouver. La seule obligation est que ça mette le plat ou la scène en valeur.

Pour un gâteau à étage, sans doute, on va privilégier une vue de face ou à 45° de façon à mettre en valeur le travail du pâtissier et la hauteur de ce gâteau. La vue par-dessus (ou à 90°) écraserait le gâteau et on ne verrait que les framboises du dessus, ce qui serait dommage.

Une tarte, elle, s’accommode sans doute très bien d’une vue à 90° qui met en valeur sa garniture gourmande. Une vue à 45° sera chouette aussi. Je mets un bémol sur la vue de face car on ne verrait que la petite hauteur de cette pâtisserie, à moins qu’elle ne soit posée sur un surtout et qu’une décoration un peu haute n’en soit le point d’orgue.

Ce que je vous conseille avant d’installer votre trépied est de tourner autour du gâteau et très vite, vous trouverez l’angle qui lui correspond le mieux.

Ensuite, vous pouvez très bien faire un ou deux essais différents pour être certain de ne pas vous tromper.

 

photo culinaire d'un millefeuille aubergine courgette

 

5 – La prise de vue

Comment s’organise la prise de vue concrètement ?

 

  • Une fois le plat cuisiné et le stylisme décidé (seul ou en accord avec le client), je vous conseille d’installer le fond que vous aurez choisi pour la photo. Fond, table ou meuble, …..
  • Souvenez-vous : où est votre soleil ? et positionnez votre scène de façon à l’éclairer par l’arrière ou par les côtés (plus ou moins à 45°).
  • Rassemblez les éléments du stylisme près du fond et commencez par les disposer en conservant la place pour le plat.stylisme de départ pour une photographie culinaire de millefeuille de légumes
  • Déposez le plat et affinez le stylisme. Ca peut concerner le stylisme du plat en lui-même ou de la scène.
  • Tournez ensuite (physiquement) autour de la scène culinaire et décidez de l’angle de prise de vue que vous allez choisir.
  • Installez le trépied et l’appareil photo avec l’objectif que vous aurez choisi.
  • Placez les réflecteurs et-ou-le diffuseur si nécessaire.
  • Décidez des réglages ISO, Vitesse et Ouverture de façon à exposer correctement la photo.
  • Visualisez votre scène au travers du Live View ou sur l’ordinateur si vous avez un logiciel de capture, cadrez et faites la mise au point où cela vous semble juste.
  • Rectifiez le stylisme si des choses vous gênent. Faites un premier cliché.
  • Visualisez-le et modifier encore ce qui doit l’être : réglages et-ou stylisme.
  • Soyez attentifs aux détails : une trace sur un verre, une tâche, une traînée ou encore un moucheron et vous allez passer de longues minutes en post production pour modifier cela alors que cela ne prend que 3 secondes sur le moment.
  • Une fois que vous êtes OK avec votre travail, faites encore 2 ou 3 clichés de sécurité. Puis, encore 2 avec une ouverture différente (et donc une profondeur de champ différente).
  • Et vous pouvez tenter de modifier le cadrage et l’angle de prise de vue pour être certain que vous ne passez pas à côté d’une photo sympa.
  • Vous pouvez prévoir de cadrer un peu plus large car il sera plus facile de couper la photo et de la recadrer en post-production plutôt que de l’agrandir !
  • Voilà, c’est terminé ou presque !
  • Il vous faut ranger, nettoyer la scène et la cuisine.
  • Décharger vos photos sur votre ordinateur et les développer.

De mon côté, j’utilise Capture One qui est un logiciel très performant sur lequel j’ai été formé à la Résidence Terkane et Affinity qui est l’outsider de Photoshop et qui coûte 50 balles environ !

 

photographie culinaire d'une salsa modenese

 

Et si vous souhaitez continuer de vous former, sachez que je donne des formations en photographie et stylisme culinaire de  7 jours pleins à la Résidence Terkane à Saint Raphaël et des formations courtes de 3 ou 6 heures à mon atelier.

Les formations courtes peuvent se faire en individuel sur demande ou en groupe de 4 maximum, le planning est à venir.

 

A très bientôt, 

Vanessa

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