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Colors of Valensole

Je suis déjà allée à Valensole…quelquefois, la dernière fois, j’y ai crevé deux pneus sur les chemins caillouteux de la chasse de mon père, on a été obligé de déjeuner à l’intérieur car dehors le soleil brûlait et la température avoisinait les 40°C, sans compter les guêpes qui avaient élu domicile sur le toit du relais de chasse et qui nous compliquaient toute tentative de sortie…

 

 

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Bref, en repartant, je me suis dit que la prochaine fois que j’y reviendrai, ce serait pour faire le parcours des touristes, sur des routes carrossées, voir des abeilles et des lavandes, des champs de lavande !

 

 

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Quand on arrive à Valensole, en cette saison, ce qu’on veut voir, ce qu’on cherche, c’est ça, du violet, de l’indigo, du parme, à perte de vue de la lavande et on n’est pas déçu !

Des champs et des champs de lavande, enfin, de lavandin, un hybride, le lavandin grosso. Et ce qui surprend, c’est le bruit…le bruit que font les abeilles qui butinent ces fleurs pour en rapporter le précieux nectar dans les ruches. 

Car ici, comme ailleurs, agriculture ou plutôt lavandiculture et apiculture sont étroitement liées.

 

 

Le miel de lavande (qui est un IGP, et qui possède aussi un Label rouge, voire un label bio) est le produit phare des miels en France.

60% du miel produit en France est du miel de lavande ! Et cela ne suffit pas à répondre à la demande, c’est le miel star !

 

Quelques recettes avec du miel de lavande ?

Un clic sur la photo vous amènera à la gourmandise de votre choix…. 

 

 

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Alors du violine, en veux-tu, en voilà !

 

Et des touristes arrêtés sur le bord des routes, voire dans les champs, partout, c’est normal, les champs de lavande de Valensole sont connus dans le monde entier (pas de stat’ pour confirmer mes propos mais vu les cars de touristes asiatiques, considérez que c’est factuel !).

 

 

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Et le lavandin, me direz-vous, quelle différence avec la lavande ?

 

C’est un hybride crée à partir de lavande abrial et de lavande vraie. Comme tous les hybrides, il a été sélectionné pour être plus vigoureux, plus résistant, plus productif, d’ailleurs, les épis sont bien plus grands et gros que ceux d’une lavande vraie, ils sont plus violets aussi (la lavande tire un peu sur un bleu gris).

 

 

En aromathérapie, le lavandin grosso a des propriétés qui diffèrent légèrement des propriétés de la lavande vraie : décontractant musculaire, antispasmodique, calmant et comme beaucoup d’huiles essentielles, il est microbicide et bactéricide avec quelques vertus anti inflammatoires.

Bien sûr, sa composition chimique est différente, le lavandin grosso contient du camphre (ce qui explique qu’il soit très efficace pour soulager douleurs musculaires, jambes lourdes, blessures du sportif, …) et à ce titre, vous l’utiliserez avec plus de précautions que l’huile essentielle de lavande vraie.

 

Personnellement, j’en ai un gros flacon bio qui vient de Valensole d’ailleurs et que j’utilise de temps en temps pour me masser les jambes en me couchant : une goutte d’huile essentielle de lavandin grosso et un peu d’huile végétale (celle que vous avez sous la main)…je peux vous assurer que vous allez passer une bonne nuit et que vous n’aurez plus les muscles endoloris le lendemain matin (Il est impératif de lire attentivement ce lien qui vous informe des précautions à prendre avant d’utiliser des huiles essentielles surtout si vous n’en avez jamais utilisées).

 

 

Mais revenons-en à nos couleurs, si vous le voulez bien car Valensole, c’est aussi du vert, ce vert un peu particulier des feuilles d’olivier (ci-dessous) ou un vert plus lumineux, celui des feuilles des amandiers

 

 

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…c’est le brun un peu rouge de la terre…

 

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…ou le jaune vif des champs de tournesol…

 

 

 

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…ou encore ce blond très clair -celui des cheveux de mes filles- des champs de blé…. 

 

 

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…et c’est aussi ces millions de petits escargots blancs, les limaçons, qui envahissent les plantes, les haies, les poteaux…

 

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Mais si je vous parle de Valensole, de ses paysages magnifiques qui résument presque toute la Provence, c’est que jeudi dernier, j’ai été invitée à une conférence de presse sur le thème : lavandiculteurs et apiculteurs, sauvegarde du patrimoine lavandes en Provence.

Et si on parle de sauvegarder les lavandes, c’est bien qu’elles sont menacées. Et si elles sont menacées, c’est tout une économie et un écosystème qui sont menacés.

 

Menacés par un petit insecte, la cicadelle, un petit insecte qui se nourrit de la sève des fleurs et qui, en se faisant, leur inocule une microbactérie qui fait mourir la plante, c’est le dépérissement à phytoplasme.

Cette petite bestiole vit accrochée aux racines des plantes (jusqu’à 100 par plante) pendant 10 mois et vole pendant les mois de floraison, c’est à dire en même temps que les abeilles, ce qui interdit bien sûr tout traitement chimique. 

Aujourd’hui, 30% des plants de lavande et lavandins sont concernés.

 

Quelques tentatives sont faites : vaporiser une argile blanche sur les plants afin de perturber la visée des insectes (on le fait aussi pour les oliviers pour lutter contre la mouche de l’olivier) et pour faire une barrière mécanique aux piqûres, mais on ne sait pas si les abeilles vont continuer à butiner les fleurs.

Des variétés plus résistantes sont en train d’être conçues (en essayant de conserver leurs propriétés en aromathérapie)….

 

Tout cela a incité Olivier Baussan* et le CRIEPPAM à créer un fonds de dotation pour récupérer de l’argent afin de soutenir la recherche pour lutter contre le dépérissement des lavandes.

*fondateur de L’Occitane (le groupe comprend Erborian, Le Couvent des Minimes et Melvita) et d‘Oliviers&Co, puis de PPP .

 

Car la lavande, c’est tout ce qui dérive de cette plante (industrie, pharmacie, beauté, …), c’est aussi le miel, mais c’est aussi le tourisme, bref, c’est 9000 emplois directs et 17000 emplois indirects, c’est énorme.

Pour parler chiffres, pour un euro de chiffre d’affaire généré par la culture du lavandin, c’est un euro de chiffre d’affaire crée pour le miel et c’est 10 euros de C.A. générés pour tout ce qui transforme le lavandin et encore 100 euros de chiffre d’affaire pour le tourisme !

 

Tout ce petit monde essaye de travailler ensemble ou du moins côte à côte, car bien sûr, les apiculteurs (et les acteurs du tourisme) voudraient que l’on taille les lavandes le plus tard possible afin que les abeilles produisent plus de miel, les abeilles sont parfois aspirées par les ensileuses, bref, il n’est pas simple de prendre en compte les besoins de tous, mais le chemin semble tracé …

 

 

Toujours est-il que les premiers fonds récoltés ont été remis à Olivier Baussan qui est le président de cette organisation.

 

 

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Ce fonds est encore ouvert bien sûr et donne droit à des réductions d’impôts (pour les particuliers et les entreprises), c’est par ici!

 

Mais revenons à nos lavandins et à cette distillerie où a eu lieu cette conférence de presse, la Distillerie Demol, une distillerie toute neuve où une distillation était en cours dans ces énormes cuves rouges.

 

 

 

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Auparavant, elles sont emmenées dans les champs et remplies de lavandin…

Puis fermées, et reliées à d’énormes tuyaux qui apportent de la vapeur d’eau, et d’autres qui récupèrent le mélange vapeur + huile essentielle. Ce mélange est ensuite refroidi dans d’autres tuyaux (serpentin) où le tout redevient liquide.

 

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Et c’est dans cette cuve qu’arrivent l’huile essentielle et l’eau de lavandin ou hydrolat ; l’essence, qui est plus légère, remonte  à la surface, puis est stockée dans ces cuves, prêtes à être vendues. L’eau florale n’est pas vendue dans cette distillerie mais est recyclée.

 

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Voilà, vous savez tout ou presque sur les merveilles du plateau de Valensole et les efforts que font certains pour protéger ce paysage et la vie autour.

 

Je vous laisse en compagnie de ces champs…

 

 

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et des limaçons (on dirait des écritures sur ces herbes sèches ou un coeur peut être ?)…

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En tout cas, le point final de ce long post leur appartient !

 

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6 Commentaires

  • de très belles images de notre Sud,

    les petits escargots blancs, dans l’Hérault, s’appellent,des cagaroulettes .

    on les fait cuire en cours bouillon, ns les sortons de leur coquille, puis ns les mangeons en vinaigrette.

  • Merci pour ce très beau voyage sensorielle (si, si, je sens aussi l’odeur de la lavande et j’entends également le vent et le chant des cigales). Les photos sont magnifiques. Je n’ai encore jamais goûté le miel de lavande mais j’espère vite combler cette lacune 🙂 bon week-end.

  • Un magnifique reportage photos… j’apprends plein de choses sur le Plateau de Valensole que je ne connaissais pas vraiment… c super car tu as réussi à nous communiquer l’envie d’y séjourner un jour prochain pour y découvrir tous ces splendides paysages et toutes ces belles et bonnes choses
    … Merci Vanessa!

  • Merci beaucoup pour ce voyage poétique que vous offrez à vos lecteurs sur le plateau de Valensole. Merci aussi pour cette sensibilisation aux dangers du dépérissement qui menacent aussi bien les Lavandiculteurs que les Apiculteurs.

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