Bavardages Noël Provence

Un Noël tout en douceur chez Baga (décembre 2012)

 

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Chaque année, Baga se réjouit de fêter Noël et de préparer sa maison pour accueillir cette belle fête et les siens.

Chaque année, elle pense à sa décoration de table quelques semaines à l’avance et la garde secrète.

Chaque année, sa crèche s’agrandit et s’enrichit de nouvelles trouvailles, que ce soit de nouveaux santons, ou bien simplement d’un beau morceau de bois ou une belle pierre.

Chaque année, le sapin est différent.

Et chaque année, le menu est le même…sauf, cette année où elle a bousculé notre traditionnel pique-nique de luxe !

 

Et cette année, sa table s’était parée de couleurs douces et pastels, les roses, les argentés, le blanc, quelques touches de crème… ravissant !

Des meringues, des renoncules fraîches, un oiseau pailleté, … un air de printemps avant l’heure.

 

 

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En amuse-bouche, Baga avait préparé des bouchées de compote de pomme et boudin noir, marrons compotés et boudin blanc, caviar d’aubergine et oeufs de caille, du filet de porc séché aux épices, un tartare de poissons fumés.

Et Ninou nous a couvert de bulles !

 

Puis, du saumon fumé (et oui, pas de saumon en gravlaax cette année, mais je l’ai réclamé pour mon anniv’ !), du foie gras home made et (c’est là qu’elle a bousculé nos traditions), des gambas et noix de St Jacques aux légumes confits (échalotes, carottes, poireaux et courgettes), sauce curry et herbes fraîches au lait de coco. Délicieux ! Comme quoi, le changement a parfois du bon !

 

 

 

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Puis, les traditionnels Treize desserts.

 

Viennent les classiques :

les Mendiants (amandes, raisins secs, noix ou noisettes et figues sèches) qui représentent les ordres religieux mendiants (justement !),

le Nougat blanc pour les bons jours de l’année et le noir, pour les jours plus sombres,

la Pompe ou le Gibassié qui remplace le pain de façon gourmande,

le Verdaou (melon vert) que l’on conservait autrefois au grenier depuis l’été,

des Dattes, fruit venu du Moyen Orient qui évoque à la fois l’endroit où est né Jésus et aussi les Rois Mages et le luxe de leurs cadeaux offerts après la naissance,

puis chacun ajoute des fruits frais (pommes, poires, mandarines ou oranges) ou des confiseries (calissons, fruits confits, pâte de coing), chocolats, …

 

Il faut se souvenir, quand on évoque cette tradition, que les Provençaux étaient souvent pauvres mais travaillaient la terre, donc, ce qui se retrouvait sur la table des Treize desserts, c’était ce que l’on avait cultivé ou conservé.

 

Par exemple, mon arrière grand-père, Paul, ramassait, à la fin de l’été,  de belles grappes de raisins mûrs et les mettait à sécher au grenier, allant régulièrement retirer les grains moisis afin que ceux-ci ne contaminent pas le reste de la grappe. Idem pour le Verdaou qu’il gardait sur paille.

 

Mon arrière grand-mère de l’autre côté, Fifi, faisait elle-même le nougat noir avec des amandes de la campagne (la campagne signifiait dans sa bouche et signifie encore dans la bouche de sa fille, Andrée, ma grand-tante, le cabanon et les terrains qui l’entourent et où poussent la vigne, les oliviers, …).

Bien sûr, chacun faisait sa pâte de coing et la gelée qui étaient présentes sur cette table.

 

La mandarine ou plutôt l’orange était un des cadeaux auxquels avait droit ma mère (ce n’est pas si vieux que ça) car c’était un fruit rare dans la région d’Aix et non par manque de moyens.

Parfois, un morceau de sucre faisait office de dessert et complétait vite fait l’ensemble.

 

 

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Voilà. 

C’est pour ça, pour cette tradition, pour cette histoire et pour ces histoires familiales que je ne voudrai, pour rien au monde, avoir un autre dessert le soir du Réveillon de Noël.

 

Les Treize desserts, sont pour les gens du Sud, les Provençaux, les vrais si je puis apporter cette précision sans pour autant sembler désagréable, une tradition importante en cette période de l’année qui parle, même pour ceux qui ne sont pas croyants,  d’amour, de famille et de chaleur.

 

C’est une tradition qui dit d’où l’on vient, qui raconte un passé, qui raconte des vies..pour ne pas oublier nos grand-parents, nos arrière grand-parents et les autres, ceux qu’on n’a pas connu car nous n’étions pas nés, mais dont nous avons entendu parler, dont on nous a raconté des anecdotes, des bouts de vie, …un passé, notre passé, notre histoire et aussi notre avenir.

 

 

 

Alors Joyeux Noël ! 

 

 

 

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Baga avait changé son arbre de Noël aussi. Juju avait trouvé un bel arbre mort dans la colline. Mort, certes, mais beau, il lui en a parlé, lui a rapporté non sans mal car bien lourd l’arbre, puis lui a taillé et Baga l’a décoré de blancheur et de poésie.

 

 

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La crèche était encore plus grande, avec de nouvelles régions, de nouvelles scénettes, Une Camargue agrandie, Un berger et son troupeau sur un chemin abrupt, et Cézanne au milieu des vignes et des oliviers. Et forcément, dès le 24 à minuit, le petit Jésus dans son étable.

 

 

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Le 25, nous étions un peu plus nombreux à fêter Noël et pas de Dinde chez Baga et Ninou, mais du sanglier, pour la plus grande joie de tous.

Pas de daube, ni de civet, mais un cuissot mariné et rôti comme Ninou sait les faire.

 

Puis, le 26, le jour de la Sainte Stifoule (Etienne, en fait), nous sommes partis dans les Alpes, à Seyne-les-Alpes, pour quelques jours de ski, grand air et soleil avec Stifoule justement, Bou et Zoi-Zoi, puis Juju and Co.

 

 

 

 

 

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A l’An que ven, se sian pas maï que segen pas men !

 

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